Blanche et Henri Jublot Ris 1933

Les Jublot en Essonne :


De nombreux Berrichons sont venus s’établir à Ris-Orangis, Evry, Corbeil parce qu’il y avait beaucoup de petits châteaux où l’on embauchait des domestiques, jardiniers, chauffeurs, dames de compagnie…

Il semble que c’est Henri Jules Ursin Jublot (1859-1920) qui soit le premier à avoir débarqué à Ris Orangis. Il a épousé Augustine Bartholin boulangère comme lui et ils ont eu 3 filles nées à Ris Orangis : Henriette (1885-1930) épousera Eugène Martin, fromager. Marie Augustine (1885-1963) épousera Gaston Vattan à Sury en Vaux et Marguerite (1896-1976) restera célibataire.

C’est ainsi qu’ Henri Jublot (1903-1962) est venu dans la région parisienne, rejoindre la famille de son oncle Henri Jules Ursin. Il a travaillé comme livreur de fromages. Le fromager Eugène Martin a eu 2 filles : Georgette (1905) qui épousa René Chausset, fut veuve au bout de trois ans de mariage, elle épousa ensuite Lucien Pigenet, crémier qui décéda après quatre ans de mariage et enfin André Leverne. La seconde fille Suzanne Martin (1906-2000) se maria avec André Touveron, ils habitèrent à Grigny.

Henri Jublot et Blanche Forest : quelques mots…

Blanche Forest, native de Ris-Orangis a travaillé pendant la première guerre, avec sa sœur Thérèse comme lingère à l’hôpital Anglo-Américain de Ris-Orangis, puis dans le magasin de passementerie de la rue du Renard à Paris. La boutique dont l’enseigne était «Frassy-Lefort-Boistier» était gérée par Julien Boistier issu de la branche Boistier-Vetois de Vinon.

Blanche racontait qu’elle avait rencontré Marceau Fortin dans le train allant de Ris Orangis à Paris où elle travaillait. Marceau se maria en 1922 avec Thérèse la sœur de Blanche. Blanche resta célibataire et épousa Henri Jublot en 1931 à Ris Orangis. Hélas, ils n’ont pas réussit à avoir d’enfant…et ce fut le regret de leur vie. Ils ont toujours été présents dans la vie de leurs deux neveux Jacques et Pierre Fortin et sont restés fidèles à leurs racines berrichonnes. Ils accueillaient chez eux les enfants des leurs cousines Boistier de Draveil qui venaient à pied et traversait la Seine par un pont en bois pour rejoindre la boutique. Les enfants des cousines Martin étaient souvent de passage aussi.

Le sort s’acharna quand Henri fut prisonnier pendant la seconde guerre mondiale. Il fut envoyé au travail obligatoire durant quatre années.

Le magasin de vins et alimentation de la rue de la gare à Ris-Orangis était pour nous un terrain d’aventure. Le berger allemand Tino nous accueillait à grands bruits et nous poussait au fond du jardin où le puis bouchè nous servait de cabane. De la maison, nous ne connaissions que la cuisine bleu pâle où nous avions découvert que notre Tonton Henri mangeait le fromage blanc avec du poivre et de l’herbe (ciboulette). Les autres pièces restaient sombres et mystérieuses. En plus du jardin et de la cour intérieure, la boutique nous attirait comme un aimant. La caisse avec sa chaise haute, les étagères en bois foncé pleines de bouteilles et de conserves, la meule de gruyère que Blanche nous faisait goûter et le papier qui servait à emballer le fromage que nous utilisions pour décalquer…Henri aimait les enfants et jouait souvent à leurs faire des blagues.

Notre clown préféré parti beaucoup trop tôt, emporté par le cancer. Blanche se retrouva seule dans le petit deux pièces qu’ils avaient acheté rue Théodore Maingot non loin du cimetière de Ris.

Elle partagea toutes nos fêtes familiales : communions, mariages, baptêmes et réveillons de Noël. Il y a avait toujours des dragées et des sucettes pour ses neveux et nièces qu’ils soient Fortin, Boistier, Touveron ou Leverne. Blanche resta «Blabla», cousine, tante et grande-tante, présente dans la discrétion, mais le regard tourné vers l’amour de sa vie, de l’autre côté de la rue.